21/07/2022

Avec leur histoire particulière, les Hauts-de-France sont une terre où la pêche à l'aimant s'est considérablement développée ces derniers mois. Munis d'aimants très puissants en néodyme reliés à de solides cordes, des passionnés remontent parfois des cours d'eaux picards et du Nord-Pas-de-Calais des trésors parfois plusieurs fois centenaires.

Motivée par la dépollution des rivières et le militaria - à savoir la collection d'objets militaires - cette pratique fait l'objet d'une étroite surveillance des pouvoirs publics, notamment depuis la grave blessure d'un pêcheur de Ferrière-la-Grande (Nord) en mai 2020, entraînée par l'explosion d'une grenade au phosphore qui reposait dans la Solre depuis la Première Guerre mondiale. Aujourd'hui, chaque préfecture départementale mène une politique différente à l'encontre de la pêche à l'aimant.

La préfecture du Nord se réfère à l'article L542-1 du code du patrimoine pour encadrer la pêche à l'aimant. Comme pour la détection, "ce texte stipule que chaque personne désirant réaliser des fouilles doit préalablement bénéficier d'une autorisation administrative, comme la DRAC."  Elle souligne que cette démarche devrait normalement être réalisée pour chaque tentative afin d'agir dans un cadre légal.

Depuis quelques années, la pratique de la pêche à l’aimant, ou « pêche magnétique », n’a de cesse de se développer dans notre département pendant les périodes de loisirs (vacances ou week-end).
Une grande majorité des personnes qui se livrent à cette activité, ne sont pas conscients des risques qu’elle présente, notamment la possibilité de sortir de l’eau des produits toxiques, des armes, des munitions, voire des obus.
Leur manipulation peut engendrer :

  • L’explosion de la munition ;
  • La fuite d’un agent toxique de guerre pouvant entraîner une intoxication ou une contamination ;
  • La fuite d’un produit incendiaire pouvant entraîner une auto-inflammation ;
  • Un détournement pour une action malveillante.

Ces risques ne sont pas anodins et mobilisent régulièrement des équipes de déminage et de soins d’urgence.
Sur les terrains privés, l’autorisation du propriétaire est requise. Pour les cours d’eau, lacs, fleuves, rivières et canaux, l’autorisation de l’État, propriétaire des biens sous-marins, est également requise.


Pêche à l_aimant danger.png


Que dit la loi concernant ces fouilles fluviales ?

En France, la loi divise les cours d'eau en deux familles : celle des cours d'eau domaniaux et ceux dits non-domaniaux.

  • Les cours d'eau domaniaux sont les plus importants : ce sont des voies fluviales sur lesquelles il est possible de naviguer (bateaux) et de flotter (radeaux). Ils sont régis par le droit public et appartiennent à l'État. Si vous souhaitez pêcher à l'aimant sur l'un de ces fleuves ou rivières, il est nécessaire de vous référer à la préfecture du département correspondant et obtenir son autorisation.
  • Les cours d'eau non-domaniaux sont, a contrario, les cours d'eau de taille modeste qui ne permettent ni la navigation, ni la flottaison. Ils sont régis par le droit privé. Si vous souhaitez pêcher à l'aimant sur l'un de ces cours d'eau, vous devez obtenir l'autorisation du propriétaire et vous renseigner auprès de la mairie pour savoir si aucun arrêté municipal n'a été pris à l'encontre de la pratique.

Que faire en cas de découverte d'une munition ?

  • Interdisez à quiconque d'entrer en contact avec un objet qui pourrait être explosif, incendiaire ou toxique. En cas d'accident, votre responsabilité pourrait être engagée.
  • Afin de faciliter l'intervention future de démineurs, marquez l'emplacement de l'objet découvert avec un quelconque repère (trait, marque au sol, pierre, etc.)
  • Il est nécessaire d'agir discrètement afin de ne pas attirer l'attention de curieux
  • Enfin, prévenez la mairie de la commune où vous avez effectué la découverte, la gendarmerie ou le commissariat de police le plus proche. Ce sont ces personnes qui avertiront les autorités compétentes et entraîneront, si besoin, l'intervention de démineurs.